{"id":7716,"date":"2015-01-31T23:11:38","date_gmt":"2015-01-31T19:11:38","guid":{"rendered":"http:\/\/suri-catt.com\/?page_id=7716"},"modified":"2015-01-31T23:12:07","modified_gmt":"2015-01-31T19:12:07","slug":"chapitre-08","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/bodhi.name\/fr\/maya-livre-1\/chapitre-08\/","title":{"rendered":"Chapitre 08"},"content":{"rendered":"<p>\u2026La neige \u00e9tait s\u00e8che et dure, des vents rudes l\u2019ont rendue si dense qu\u2019il fallait faire un effort pour mettre un pied, pour que les griffes du grappin se soient bien fix\u00e9es. Le bec du piolet y entrait en grin\u00e7ant et en sortait facilement, en glissant. Le sommet d\u2019ouest de l\u2019Elbrous ressemblait \u00e0 une colline sympathique, de couleur blanche, aveuglante, sur le fond du ciel vivement bleu. Un nuage s\u2019y est accroch\u00e9, et ce tableau idyllique signalait que l\u00e0 haut un ouragan se d\u00e9cha\u00eenait. Il semblait que le sommet n\u2019\u00e9tait pas si loin que \u00e7a, &#8211; \u00e0 ce moment l\u00e0 on en \u00e9tait s\u00e9par\u00e9 par un kilom\u00e8tre et demi de surpassement de soi constant, du mal de t\u00eate, de la fatigue saisissant jusqu\u2019aux os, de l\u2019insomnie, de l\u2019air aigre et de la splendeur des montagnes impitoyables.<\/p>\n<p>Autour il y avait la grisaille aveuglante du brouillard. Il neigeait, cependant il ne faisait toujours pas froid. Il\u00a0faisait jour, mais il n\u2019\u00e9tait plus possible de proc\u00e9der avec la marche et il n\u2019y en avait rien \u00e0 faire \u2013 apr\u00e8s \u00eatre mont\u00e9 pour s\u2019acclimater, on est descendu \u00e0 200 m\u00e8tres et a mis la tente. <i>(Monter avec un tel effort et puis redescendre!! C\u2019est franchement de la barbarie!)<\/i> D\u2019ailleurs, on avait tendus<i> <\/i>des cordes dans les endroits les plus difficiles, alors demain la mont\u00e9e ne prendrait plus que 3-4 heures, comme aujourd\u2019hui, mais une demi-heure -une heure. Oleg avait d\u00e9j\u00e0 un herp\u00e8s \u2013 hier il n\u2019avait pas mis assez soigneusement de la cr\u00e8me solaire sur les l\u00e8vres, et aujourd\u2019hui le gel a fini ce que le soleil avait entam\u00e9, ses l\u00e8vres se sont gonfl\u00e9es, gerc\u00e9es, et cela avait l\u2019air tr\u00e8s douloureux. L\u2019envie de dormir venait et reculait, l\u2019apathie totale semblait \u00eatre pendue dans l\u2019air. Il a commenc\u00e9 assez vite de faire chaud dans la tente, et je n\u2019arrivais m\u00eame pas \u00e0 d\u00e9finir comment je me sentais \u2013 ce qui \u00e9tait encore plus \u00e9puisant, que si je me sentais d\u00e9finitivement mal. Il suffisait de fermer les yeux pour que les images de ces derni\u00e8res journ\u00e9es n\u2019aient surgi\u2026 pas \u00e0 pas vers le haut, sur les \u00e9tendues enneig\u00e9es immenses de l\u2019Elbrous \u2013 on marchait encord\u00e9s, j\u2019\u00e9tais au milieux\u2026 dix pas, repos, encore dix pas, repos\u2026 la vie \u00e9tait parcellis\u00e9e en morceaux de dix pas\u2026 sur les pieds \u2013 les boules lourdissimes sous la forme des bottes en plastique \u00abAsolo\u00bb, cent pas \u2013 un grand repos, je tombais tout simplement sur le c\u00f4t\u00e9 sur le sac \u00e0 dos dans la neige et restais allong\u00e9e, en happant l\u2019air, d\u00e9pourvu de l\u2019oxyg\u00e8ne, avec la bouche grand ouverte, le c\u0153ur battait, je fermais les yeux, d\u00e9contractant le corps entier et saisissant chaque instant du repos \u2026 mais c\u2019est quoi \u00e7a \u2013 pas possible m\u00eame de se reposer, sommeiller, une fois les yeux ferm\u00e9s, tout s\u2019\u00e9croulait sur moi de nouveau \u2013 je marchais encore vers le haut, et le plus affreux c\u2019\u00e9tait que cette obsession me fatiguait autant que la r\u00e9alit\u00e9! J\u2019ai fr\u00e9mi, en essayant de chasser la fatigue et de penser \u00e0 quelque chose d\u2019agr\u00e9able\u2026 les yeux se fermaient\u2026 j\u2019avan\u00e7ais encore vers le sommet\u2026 les hommes discutaient de quelque chose, en scrutant la montagne avec un monocle\u2026 un terrain horrible plein de crevasses, qui avait failli m\u2019engloutir dans sa gueule \u2013 tout \u00e0 coup il y avait un vide sous mon pied, la neige s\u2019\u00e9tait entrouverte, j\u2019avais perdu l\u2019\u00e9quilibre et \u00e9tais tomb\u00e9e \u00e0 droite, mais je n\u2019\u00e9tais pas pass\u00e9 dans la crevasse, mais, retenue par la corde, restais coinc\u00e9e dans la neige la t\u00eate en haut, les bras s\u2019\u00e9taient retrouv\u00e9s derri\u00e8re le dos, je ne savais pas comment, sous la pression de la neige, il n\u2019\u00e9tait pas possible d\u2019enlever le sac \u00e0 dos, j\u2019\u00e9tais pendue et je rigolais fort \u2013 je comprenais que les gar\u00e7ons allaient m\u2019en tirer, je n\u2019avais pas du tout peur, et maintenant si\u2026 le ciel est bleu noir\u2026 tout virevolte devant les yeux, je veux repousser encore ces images et je n\u2019y arrive pas, et cela \u00e9puise encore plus, ce maudit mal des montagnes\u2026 quelques bouts de phrases s\u2019importunent en tournant dans la t\u00eate, en m\u2019enlevant la paix\u2026<\/p>\n<p>&#8211; Il faut que tu t\u2019occupes \u00e0 faire quelque chose, &#8211; une voix insistante m\u2019extrait du voile de d\u00e9lire \u2013 ah oui\u2026 c\u2019est Andrei qui me secoue. \u2013 Le meilleur moyen de s\u2019acclimater vite est de se trouver une occupation. Par exemple, on peut construire un mur par brise autour de la tente <i>(Quoi??!! Mais non\u2026)<\/i> ou recoudre quelque chose ou parler, si tu restes \u00e9tal\u00e9e, tu ne feras que t\u2019\u00e9puiser encore plus \u2013 c\u2019est bizarre, mais c\u2019est comme \u00e7a.<\/p>\n<p>Chaque mouvement provoquait une pulsation de douleur dans la t\u00eate, j\u2019ai secou\u00e9 ma t\u00eate, en essayant de chasser la douleur et j\u2019ai failli hurler d\u2019une crise aigue.<\/p>\n<p>&#8211; Tiens, prend \u00e7a.- Andrei me tend deux cachets.<\/p>\n<p>&#8211; C\u2019est quoi?<\/p>\n<p>&#8211; Prend, n\u2019aie pas peur, c\u2019est du potassium, \u00e7a va te soulager\u2026<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas marrant\u2026 de l\u2019anti-douleur? Je les avale, un vrai exploit, en me relevant sur les coudes dans le duvet et je m\u2019assois.<\/p>\n<p>-Tu recherchais quoi au Mexique? \u2013 je demande \u00e0 Oleg, l\u2019histoire de demander quelque chose.<\/p>\n<p>Il me fixe d\u2019un regard attentif comme en \u00e9tudiant, et soudainement, esquisse un sourire \u00e0 travers sa mani\u00e8re distante et les l\u00e8vres gonfl\u00e9es par l\u2019herp\u00e8s, il a d\u00fb ressentir que ce n\u2019\u00e9tait pas par simple curiosit\u00e9 que je lui ai pos\u00e9 la question.<\/p>\n<p>&#8211; La connaissance qui pourrait amener au-del\u00e0 des limites de ce monde.<\/p>\n<p>&#8211; Et pourquoi justement l\u00e0?<\/p>\n<p>&#8211; Tu as d\u00fb lire Castaneda? \u2013 j\u2019ai hoch\u00e9 la t\u00eate affirmativement, il a continu\u00e9, &#8211; je voulais trouver des mages. Je pensais que si je viens dans ces endroits l\u00e0 et r\u00e9ussis \u00e0 cr\u00e9er l\u2019intention, je pourrais entrer en contact avec eux. <i>(Eh oui\u2026 n\u2019est-il pas un peu piqu\u00e9? Me voil\u00e0 dans les montagnes\u2026 il va rechercher le monde des mages maintenant\u2026)<\/i> Mais soit mon intention \u00e9tait foutue, soit les mages n\u2019y \u00e9taient plus, rien ne se passaient. Une semaine apr\u00e8s l\u2019autre je me d\u00e9pla\u00e7ais par ci par l\u00e0 dans ce pays sauvage et pas trop accueillant, sans rencontrer au moins une personne qui serait li\u00e9e \u00e0 la magie, ne serait-ce que de loin. Je ne tombais que sur des personnes des plus ordinaires, tremp\u00e9es jusqu\u2019aux oreilles dans le quotidien. Il n\u2019\u00e9tait pas possible de vivre dans les villes \u00e0 cause du bruit et de la salet\u00e9, et il \u00e9tait insens\u00e9 et cher de vivre dans les centres touristiques, et hors des villes, loin des touristes \u2013 pas sans danger. Je pourrais raconter beaucoup sur ces voyages, mais tout cela n\u2019a aucune importance, puisque les voyages dans le sens normal de ce mot ne m\u2019int\u00e9ressaient pas. J\u2019ai visit\u00e9 presque tous les endroits d\u00e9crits chez Castaneda, sauf, bien s\u00fbr, ceux dont il n\u2019a pas donn\u00e9 les noms. Tu peux imaginer ma d\u00e9ception d\u2019avoir trouv\u00e9 les endroits les plus ordinaires, la vie la plus ordinaire et des foules des touristes enfum\u00e9s. Je pensais que j\u2019y \u00e9tais pr\u00eat, mais apparemment, non.<\/p>\n<p>Il a arr\u00eat\u00e9 de parler un moment, baiss\u00e9 les yeux, comme s\u2019il avait du mal \u00e0 continuer, et j\u2019ai encore ressenti de la sympathie et la confiance \u2013 il recherchais, et que ces recherches aient ressembl\u00e9 \u00e0 de la folie, mais \u00e7a \u00e9mouvait quand m\u00eame plus qu\u2019une vie bien rang\u00e9e et paisible, dans laquelle moisissait l\u2019humanit\u00e9, en d\u00e9pensant ses efforts et son temps pour l\u2019am\u00e9lioration infinie des conditions et pour des tentatives d\u2019obtenir du contentement de ce qui a \u00e9t\u00e9 accompli. Le souvenir d\u2019une de mes anciennes copines a surgit dans mon esprit, celle qui d\u2019abord s\u2019\u00e9tait frott\u00e9e \u00e0 moi, sillonnait la cour et avait l\u2019air pareil que moi, et puis elle s\u2019est empress\u00e9e de se marier et a tout \u00e0 coup trouv\u00e9 le sens da sa vie d\u2019abord dans l\u2019arrangement du salon, du hall, de la cuisine, de la salle de bain\u2026 et ensuite dans l\u2019urgence de se d\u00e9barrasser du mari qui faisait chier sans perdre aucun meuble, aucune lampe, ni un petit rideau\u2026<\/p>\n<p>&#8211; Presque deux ans des recherches sans succ\u00e8s m\u2019ont finalement amen\u00e9 \u00e0 un endroit pas du tout remarquable. Il n\u2019y avait pas de b\u00e2timents particuliers par l\u00e0, ni de beaut\u00e9 de la nature extraordinaire, mais il y avait quelque chose qui attirait comme un aimant. Une toute petite ville au nord du Mexique dont j\u2019avais pass\u00e9 par sans m\u00e9moriser le nom, et plus tard quand j\u2019avais voulu m\u2019en souvenir ce n\u2019\u00e9tait pas possible. J\u2019y suis venu en fin de la matin\u00e9e, bient\u00f4t il devait faire tr\u00e8s chaud. J\u2019ai mang\u00e9 dans une boite pourrie et est parti me balader dans la ville <i>(Il a trop de m\u00e9contentement quand m\u00eame, trop de d\u00e9ception, pas de joie de recherche, plut\u00f4t un malaise douloureux.) <\/i>Je pensais qu\u2019il \u00e9tait temps que je rentre chez moi, bien que j\u2019aie fermement d\u00e9cid\u00e9 de ne pas rentrer sans avoir trouv\u00e9 ce que je recherchais. Mais ces deux ann\u00e9es m\u2019ont tant \u00e9puis\u00e9, il y avait tant de d\u00e9ception douloureuse provenant des lueurs d\u2019espoir bris\u00e9, que le d\u00e9sir de tout abandonner et redevenir une personne normale venait de plus en plus souvent. Je ne me sentais que pire de telles pens\u00e9es, mais je ne pouvais plus ni continuer mes recherches, ni les abandonner, ce qui me paraissait \u00e9gal \u00e0 un suicide.<\/p>\n<p>&#8211; Pourquoi tu croyais que c\u2019est que par l\u00e0 que tu pouvais trouver ce que tu cherchais?<\/p>\n<p>&#8211; Parce que j\u2019\u00e9tais attir\u00e9 justement l\u00e0 et Castaneda avait appris par l\u00e0.<\/p>\n<p>&#8211; Mais apr\u00e8s avoir vu la r\u00e9alit\u00e9, il te paraissait tout de m\u00eame que c\u2019est l\u00e0 que tu pourrais trouver quelque chose?<\/p>\n<p>&#8211; Je ne sais pas, ce qui s\u2019est pass\u00e9 lorsque je l\u2019ai vue. Je ne m\u2019en souviens plus. Ou je ne veux pas m\u2019en souvenir. Probablement, tout s\u2019est confondu par l\u00e0 \u2013 l\u2019espoir et la vanit\u00e9, l\u2019aspiration et la peur de perdre le dernier rep\u00e8re, car j\u2019avais \u00e9t\u00e9 s\u00fbr de trouver.<\/p>\n<p>&#8211; Et qu\u2019est-ce qui s\u2019est pass\u00e9 dans cette ville?<\/p>\n<p>Oleg regardait fixement le mur de la tente, en r\u00e9fl\u00e9chissant apparemment \u2013 raconter ou pas. Son visage \u00e9tait tr\u00e8s s\u00e9rieux, et je me suis fig\u00e9e pour ne pas peser sur sa balance de r\u00e9flexion sur le c\u00f4t\u00e9 du silence. Andrei ne s\u2019y int\u00e9ressait pas du tout, si, au d\u00e9but, il faisait donc semblant d\u2019\u00e9couter, apr\u00e8s il ne pouvait plus r\u00e9sister au sommeil envahissant et s\u2019est endormi assis, la bouche ouverte de fa\u00e7on rigolo. Oleg semblait ne pas le remarquer.<\/p>\n<p>&#8211; J\u2019ai trouv\u00e9 ce que j\u2019avais cherch\u00e9.<\/p>\n<p>-???<\/p>\n<p>&#8211; Oui, j\u2019ai trouv\u00e9, dans ce trou du monde j\u2019ai trouv\u00e9 ce que j\u2019avais cherch\u00e9 en vain depuis deux ans dans les ruines anciennes et montagnes myst\u00e9rieuses.<\/p>\n<p>&#8211; C\u2019est quoi que tu as trouv\u00e9?<\/p>\n<p>&#8211; Tu vas croire que je suis fou\u2026 D\u2019ailleurs, quelle diff\u00e9rence\u2026 Maintenant, tout est perdu, il n\u2019y a plus de sens en rien, et le fait que tu vas me croire cingl\u00e9 ne changera rien\u2026 Je marchais lentement dans la rue en regardant o\u00f9 je pourrais me cacher de la chaleur, \u00e0 ce moment l\u00e0 je ne voyais aucun parc, aucun endroit pour s\u2019asseoir dans l\u2019ombre. Quelques derni\u00e8res nuits j\u2019avais mal dormi, j\u2019avais fait des cauchemars, j\u2019\u00e9tais souvent rest\u00e9 sur le balcon en fumant une derri\u00e8re l\u2019autre\u2026 J\u2019errais dans de vraies t\u00e9n\u00e8bres, la t\u00eate lourde, et \u00e0 un moment donn\u00e9 j\u2019ai pens\u00e9 que j\u2019allais perdre conscience, probablement j\u2019avais pris un coup de soleil. Je me suis arr\u00eat\u00e9 en m\u2019appuyant contre un mur en pierre rugueux. Comme en montant du dessous de la terre une petite fillette crade, aux pieds nus, aux genoux \u00e9corch\u00e9s, a apparu devant moi. Elle m\u2019a regard\u00e9 avec compassion avec ses grands beaux yeux en faisant un geste de la main qui invitant \u00e0 la suivre. Sans comprendre quoi que ce soit \u00e0 cause du bourdonnement dans ma t\u00eate, j\u2019avan\u00e7ais, ayant difficilement fix\u00e9 mon regard sur sa rode jaune, sale. Il ne fallait pas marcher longtemps. Elle a pouss\u00e9 un portail rouill\u00e9 avec sa main \u00e0 la peau mate, et je me suis retrouv\u00e9 dans un petit jardin aux grands arbres fruitiers. Tout de suite j\u2019ai voulu tomber \u00e0 l\u2019ombre, mes jambes ne me tenant pas sur terre, mais la fillette tirait ma manche pour inciter que j\u2019entre dans la maison. Je ne me souviens pas comment \u00e9tait la maison, mais je me rappelle qu\u2019il faisait noir et frais \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Au moment o\u00f9 je suis entr\u00e9 dans le hall, la faiblesse m\u2019a saisi compl\u00e8tement, et pour quelques instants j\u2019ai m\u00eame perdu la vue \u2013 peut-\u00eatre aussi parce que je suis venu de la rue tr\u00e8s ensoleill\u00e9e. La fillette a cri\u00e9 quelque chose, et sa voix aigue a fait \u00e9cho en se r\u00e9pandant dans la maison. Tout de suite le son des pas s\u2019est fait entendre, et j\u2019ai aussit\u00f4t ressenti des bras forts et agr\u00e9ables me soutenir. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 amen\u00e9 dans une chambre, on m\u2019a install\u00e9 dans un fauteuil, je me suis senti un peu mieux, de sorte que j\u2019ai pu observer l\u2019entourage et celui qui m\u2019avait amen\u00e9.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait une femme \u2013 une indienne ou m\u00e9tisse costaude et pas grande. Son visage \u00e9tait s\u00e9v\u00e8re mais sympathique, malgr\u00e9 l\u2019absence de sourire, ne serait-ce que l\u00e9ger. Elle m\u2019a fait s\u2019asseoir sur un matelas en paille en disant en mauvais espagnol qu\u2019elle allait me ramener de l\u2019eau. Je suis rest\u00e9 seul dans le quasi obscurit\u00e9 dans la chambre, et tout \u00e0 coup j\u2019ai eu peur \u2013 o\u00f9 est-ce que je me retrouvais en fait? Je me suis approch\u00e9 de la fen\u00eatre, retir\u00e9 les persiennes en bois, mais je n\u2019ai vu que des arbres fruitiers et le mur haut du jardin, pas loin de l\u00e0. La femme est bient\u00f4t revenue, m\u2019a tendu un bol avec de l\u2019eau froide en me demandant ce que je faisais dans cette ville. Je lui ai dit que j\u2019y \u00e9tais de passage. Je ne voulais pas lui faire peur avec mon histoire des recherches des mages et shamans, mon exp\u00e9rience malheureuse m\u2019ayant appris, &#8211; les habitants originaires se moquaient de moi tout simplement lorsque je leur demandais quelque chose de sorte \u00abne sauriez-vous pas comment trouver un shaman?\u00bb. Mais elle savait que c\u2019\u00e9tait justement pour \u00e7a que j\u2019\u00e9tais venu. Je buvais de l\u2019eau aigre-douce et mon corps devenait de plus en plus lourd. J\u2019avais envie de dormir et elle m\u2019a fait s\u2019allonger sur un matelas, qui m\u2019a paru tr\u00e8s confortable, quoi que dur. Pendant encore un moment j\u2019entendais sa voix, qui soit chantonnait soit pronon\u00e7ait lentement quelque chose en une langue que je ne connaissais pas, sa voix s\u2019entretissait en moi en donnant naissance au sentiment de s\u00e9curit\u00e9 absolue. Tout \u00e0 coup je me suis retrouv\u00e9 dans un endroit d\u00e9sert, cependant je ne r\u00eavais pas! Il est difficile d\u2019y croire mais ce n\u2019\u00e9tait pas un r\u00eave.<\/p>\n<p>Andrei a pouss\u00e9 un coup de ronflement en se tournant sur l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. Oleg a tr\u00e9buch\u00e9, puis s\u2019est tu pour quelques secondes et a continu\u00e9 en m\u2019ayant regard\u00e9 de fa\u00e7on un peu embarrass\u00e9e.<\/p>\n<p>&#8211; J\u2019ai eu plusieurs fois des r\u00eaves conscients, je sais alors ce que c\u2019est, mais CA c\u2019\u00e9tait autre chose, c\u2019\u00e9tait de la r\u00e9alit\u00e9. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 dans ce d\u00e9sert aussi r\u00e9ellement que je suis maintenant ici \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de toi. Je poss\u00e9dais compl\u00e8tement mon corps, je pouvais observer tout ce que je voulais, je palpais le sol sec et caillouteux, je me t\u00e2tais moi-m\u00eame, qu\u2019est-ce que je n\u2019ai pas fait pour me rendre compte que tout ce qui se passait \u00e9tait dans la veille. Je n\u2019avais aucun doute ni \u00e0 ce moment l\u00e0, ni maintenant que cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 un r\u00eave, &#8211; il a r\u00e9p\u00e9t\u00e9 ardemment, &#8211; quoi que cela aurait \u00e9t\u00e9 mieux si cela avait \u00e9t\u00e9 un r\u00eave, je n\u2019aurais alors eu point de souffrances, je serais revenu chez moi pour essayer de devenir une personne ordinaire\u2026 Je marchais dans le d\u00e9sert, je voyais des montagnes au loin, et je savais qu\u2019il allait immanquablement se passer quelque chose, mais je n\u2019avais pas peur \u2013 je l\u2019ai attendu si longtemps. Bient\u00f4t j\u2019ai vu un individu qui allait dans ma direction. Quand il ne restait que quelques m\u00e8tres entre nous, j\u2019ai pu enfin l\u2019examiner de pr\u00e8s. C\u2019\u00e9tait un indien habill\u00e9 en uniforme de travail, il avait l\u2019air d\u2019avoir quitt\u00e9 le travail dans les champs pour pas longtemps, pour venir discuter avec moi une minute et puis retourner \u00e0 ses affaires. Il m\u2019a approch\u00e9 de tr\u00e8s pr\u00e8s, seigneur \u2013 il \u00e9tait tel que des mages des livres de Castaneda que j\u2019avais imagin\u00e9s! Je n\u2019oublierai jamais ses yeux, c\u2019\u00e9tait les yeux d\u2019un dieu! <i>(Mon gars, tu n\u2019es quand m\u00eame pas bien dans ta t\u00eate\u2026) <\/i>Il ne m\u2019a dit que quelques phrases \u2013 \u00abtu peux venir avec moi, tu ne reviendras alors jamais en arri\u00e8re, mais juste \u00e0 ce moment l\u00e0 ton p\u00e8re est en train de mourir de cancer, et il n\u2019a personne \u00e0 c\u00f4t\u00e9 qui pourrait soulager ses souffrances\u00bb. Et l\u00e0 une telle douleur, une telle piti\u00e9 envers mon p\u00e8re m\u2019ont saisi que j\u2019ai failli fondre en pleurs. C\u2019\u00e9tait un vrai choc \u2013 comment pourrai-je y aller en sachant que mon p\u00e8re qui m\u2019avait donn\u00e9 LA VIE est en train de mourir en souffrances juste \u00e0 cet instant l\u00e0? Mais comment refuser la seule chance de se lib\u00e9rer d\u2019une vie stupide et grise, de partir dans le n\u00e9ant\u00a0infini? Je n\u2019ai pas pu faire le choix et j\u2019ai rat\u00e9 ma chance\u2026<\/p>\n<p>Oleg a arr\u00eat\u00e9 de parler et devenu tr\u00e8s sombre, comme s\u2019il venait de revivre sa trag\u00e9die. Et soudainement, j\u2019ai compris qu\u2019il n\u2019avait encore racont\u00e9 son histoire \u00e0 personne, que j\u2019\u00e9tais la premi\u00e8re \u00e0 appendre cet \u00e9v\u00e8nement imaginaire ou r\u00e9el, mais ce qui \u00e9tait s\u00fbr de ne pas \u00eatre invent\u00e9 c\u2019\u00e9tait la souffrance qui l\u2019emp\u00eachait de parler.<\/p>\n<p>&#8211; Quand j\u2019ai repris ma conscience apr\u00e8s cette alternative monstrueuse, j\u2019ai vu que j\u2019\u00e9tais assis par terre, adoss\u00e9 contre un mur rugueux, des enfants du coin m\u2019entouraient. Ils ont d\u00fb penser que j\u2019\u00e9tais saoul, et rigolaient en voyant ma maladresse. Mes oreilles bourdonnaient, tout mon corps avait mal, comme si je m\u2019\u00e9tais fait tabasser, j\u2019avais les jambes en coton\u2026 Je suis revenu \u00e0 l\u2019h\u00f4tel en ayant appliqu\u00e9 beaucoup d\u2019efforts, sans avoir rencontr\u00e9 personne \u00e0 qui j\u2019aurais pu demander de l\u2019aide. A l\u2019h\u00f4tel je suis tomb\u00e9 sur le lit et me suis endormi d\u2019un sommeil de plomb. J\u2019ignore combien de temps j\u2019ai dormi, je me suis r\u00e9veill\u00e9 dans une autre ville, un autre h\u00f4tel et sur un autre lit. Je ne parvenais pas \u00e0 me rappeler comment j\u2019y \u00e9tais arriv\u00e9. Il me semble que, dans un \u00e9tat terrible, j\u2019ai pris un car, puis apparemment j\u2019ai bu de la bi\u00e8re\u2026 beaucoup de bi\u00e8re\u2026 parl\u00e9 \u00e0 quelqu\u2019un\u2026 et on m\u2019a amen\u00e9 ici. D\u00e9coiff\u00e9, j\u2019ai saisi mon sac \u00e0 dos et couru voir le portier pour lui demander quand j\u2019y \u00e9tais arriv\u00e9. Le portier m\u2019a donn\u00e9 son livre d\u2019enregistrement, salaud, en donnant un signe au gar\u00e7on valet d\u2019appeler la police. Dans le livre j\u2019ai vu ma signature pos\u00e9e en face d\u2019une date qui n\u2019\u00e9claircissait rien, &#8211; je n\u2019arrivais \u00e0 me souvenir de rien. Cela m\u2019a fait monter la moutarde au nez et je me suis mis \u00e0 demander au portier je ne savais pas quoi, et j\u2019aurais pu le battre si je n\u2019avais pas eu peur de la police, qui devait arriver d\u2019une minute \u00e0 l\u2019autre. En sortant de l\u2019h\u00f4tel j\u2019ai pris le premier taxi qui passait et est all\u00e9 \u00e0 la gare, et l\u00e0 je me suis pos\u00e9 la question \u2013 pourquoi est-ce que j\u2019avais pens\u00e9 que le portier avait appel\u00e9 la police? Une sorte d\u2019encha\u00eenement infini de fantasmagories et d\u2019actes inou\u00efs\u2026 la sauvagerie, presque de la folie\u2026 rien de plus ne m\u2019int\u00e9ressait dans ce pays, et bient\u00f4t j\u2019\u00e9tais parti chez moi.<\/p>\n<p>&#8211; Et ton p\u00e8re? C\u2019\u00e9tait vrai qu\u2019il \u00e9tait gravement malade?<\/p>\n<p>&#8211; C\u2019\u00e9tait vrai, mais l\u00e0 aussi j\u2019\u00e9tais en retard, &#8211; lorsque je suis rentr\u00e9, je suis venu apr\u00e8s l\u2019enterrement seulement.<\/p>\n<p>Ayant entendu cette histoire j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 voir Oleg de mani\u00e8re encore plus sombre qu\u2019avant. J\u2019\u00e9tais s\u00fbr que tout ce qu\u2019il avait racont\u00e9 \u00e9tait tout simplement une hallucination \u2013 probablement, il avait aval\u00e9 quelque chose au Mexique, il y en avait beaucoup de poison divers par l\u00e0. Je doutais de sa sant\u00e9 psychique et j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 d\u2019en parler \u00e0 Andrei, car l\u2019ascension n\u2019\u00e9tait pas une promenade dans un parc d\u2019o\u00f9 on pourrait partir chez soi \u00e0 tout moment.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u2026La neige \u00e9tait s\u00e8che et dure, des vents rudes l\u2019ont rendue si dense qu\u2019il fallait faire un effort pour mettre un pied, pour que les griffes du grappin se soient bien fix\u00e9es. Le bec du piolet y entrait en grin\u00e7ant et en sortait facilement, en glissant. 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